Les moulins du Forez

Causerie par Mireille BUSSEUIL - Mars 2019

Mercredi 13 mars, Mireille BUSSEUIL, présidente du GRAL (Groupe de Recherches Archéologique de la Loire) nous parlait des moulins dans le Forez. Il faut dire que c’est un sujet qu’elle connait parfaitement bien puisqu’elle l’étudie depuis plus de 20 ans. Comment lui est venue cette passion ? En se baladant dans la nature et près des cours d’eau. C’est d’ailleurs le long de la Mare que son étude débuta.

 

Les 27 participants à cette causerie ont tout d’abord découvert les origines antiques des premiers moulins. Puis Mireille a abordé différentes thématiques pour tisser le fil de leur histoire.

Moulin à eau ou moulin à vent ?

Nous connaissons l’existence de moulins à eau dans le Forez. Installés en cascade sur les cours d’eau, ils fonctionnent soit avec une roue verticale accolée au moulin, soit une roue horizontale positionnée en-dessous du moulin. Mais le Forez, du moins, les hauteurs foréziennes, connurent l’installation de quelques moulins à vent. 28 ont été recensés notamment à Saint-Maurice-en-Gourgois, Saint-Just-la-Pendue ou saint-Georges-Haute-Ville.

L’eau et le vent sont des ressources d’énergie intéressantes. Mais ce ne sont pas les seuls… Les plus vieux moulins dont l’apparition remonte au 2nd siècle de notre ère étaient des moulins à sang… comprenez par là des moulins actionnés par la force de l’homme ou d’animaux.

Et que moulent-ils ?

L’essentiel des moulins sont équipés de grosses et lourdes meules de pierre. Par leur mouvement de rotation elles écrasent des céréales pour la fabrication de farine et d’huiles. Une spécialité forézienne : l’huile de colza grillé…

Mais ce n’est pas tout. Dans certains moulins, ce sont les foulons qui remplacent la meule. De gros marteaux en bois utilisés notamment pour les tissus. Ils permettaient d’assouplir les draps.

 

Sur le même principe, certains moulins fabriquaient du papier (il y en eu un à Montbrison). 

Un moulin, deux moulins, trois moulins…

Le recensement des moulins sur le territoire forézien n’est pas forcément très aisé. On note les moulins seigneuriaux et prieuraux, les moulins bastards (privés) et tant d’autres non déclarés qui se sont installés en toute discrétion pour échapper à l’impôt.

Les recherches du GRAL ont abouties à :

28 moulins dans le Forez au moment de la création du Comté de Forez (en 1173)

1179 mentions de moulins entre 1173 et la fin du 16ème siècle.

 

Afin de se faire une idée de l’importance qu’avaient ces constructions, il est intéressant d’observer, sur la carte de Cassini (17ème s.), la représentation des moulins sur le Vizezy, en amont de Montbrison. Ils sont représentés par de petits soleils.

Carte de Cassini
Carte de Cassini

La Révolution Française sonne la fin des privilèges et ainsi une nouvelle organisation de ces exploitations. Arrive ensuite l’exode rural, la population quitte les campagnes pour s’installer dans les bassins industriels et petit à petit, quelques moulins cessent leur activité. Cependant, l’essor industriel amène aussi de l’innovation avec notamment la mise au point des turbines hydrauliques par Benoît Fourneyron. Ces turbines prennent place dans des moulins qui se perfectionnent et prennent pour certains une dimension industrielle.

Les moulins, patrimoine d’antan ou d’avenir ?

C’est une belle conclusion pleine d’espoir et qui trouve un bel écho au 21ème siècle que nous livre Mireille BUSSEUIL. Et si les moulins avaient un rôle à jouer dans le développement des énergies renouvelables ? Source d’énergie depuis déjà de nombreux siècles, ne sont-ils pas une alternative intéressante dans le cadre de la transition énergétique ?